HISTORIQUE DE LA LUTTE CONTRE LES VBG EN COTE D’IVOIRE

Engagements Internationaux et Régionaux

La Côte d'Ivoire a démontré son engagement précoce en ratifiant plusieurs conventions internationales et régionales visant à éliminer les discriminations à l'égard des femmes. Notamment, le pays a adopté la Convention sur l'Élimination de toutes les formes de Discrimination à l'égard des Femmes (CEDEF) le 18 décembre 1979, ratifiée le 18 décembre 1995. Cette convention interdit toutes les formes de discrimination faites aux femmes et reconnaît leur droit à participer à la vie publique, à l'éducation, à la santé, et à l'accès égal aux ressources productives.

Cadre Institutionnel et Stratégies Nationales

En 2000, le gouvernement ivoirien a créé le Comité National de Lutte contre les Violences faites aux Femmes et aux Enfants (CNLVFE) pour coordonner les efforts de prévention et de prise en charge des victimes de VBG. Ce comité a élaboré la Stratégie Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (SNLVBG) en 2014, renforçant ainsi les mécanismes de protection et de soutien aux victimes. De plus, 56 plateformes de lutte contre les VBG ont été installées à travers le pays pour faciliter la coordination des interventions.

Réformes Législatives

En novembre 2021, la Côte d'Ivoire a promulgué la loi n° 2021-960 portant répression des violences à l'égard des femmes et des filles, renforçant ainsi le cadre juridique pour protéger les femmes contre diverses formes de violence domestique.

Reconnaissance et Défis Actuels

En 2023, la Côte d'Ivoire a été reconnue comme le pays africain le plus avancé en matière d'égalité des genres selon l'indice SIGI de l'OCDE, avec un score de 17,3. Cependant, cette reconnaissance a suscité des controverses, des organisations féministes locales soulignant que, malgré des lois progressives, leur application reste insuffisante face à la persistance des violences basées sur le genre.

En décembre 2024, près de 200 femmes et filles ont participé à une marche à Grand-Bassam pour dénoncer les féminicides et les violences sexuelles, illustrant la mobilisation continue de la société civile contre les VBG.

Malgré les progrès réalisés, les défis persistent, notamment en ce qui concerne l'application effective des lois et la lutte contre les stéréotypes culturels. Les militants appellent à des réformes judiciaires, des campagnes de sensibilisation et une meilleure application des sanctions pour protéger les femmes et promouvoir une véritable égalité des genres en Côte d'Ivoire.