Leaders religieux, coutumiers et communautaires unis pour zéro violence numérique contre les filles et les femmes

Abidjan, le 26 novembre 2025 – Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, la Côte d’Ivoire a connu une mobilisation exemplaire des leaders religieux, coutumiers et communautaires, réunis autour de l’objectif commun de prévenir, protéger et dénoncer les violences numériques visant les femmes et les filles. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du modèle intégré « Familles Fortes-Communautés fortes », soutenu par l’ARSIP, le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), le réseau Faith To Action (F2AN), l’UNFPA et l’UNESCO.

Un contexte préoccupant nécessitant une action collective

Malgré les progrès réalisés, la Côte d’Ivoire continue d’enregistrer des indicateurs préoccupants en matière de santé de la reproduction, de droits des femmes et d’égalité de genre. Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2021) :

  • 385 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes ;
  • 20,7 % des adolescentes âgées de 15 à 19 ans sont mariées ou en union ;
  • 36 % des femmes mariées ou en union ont été mariées avant 18 ans ;
  • 23 % des adolescentes ont déjà connu une grossesse ;
  • La prévalence contraceptive reste faible à 21 % ;
  • 36,7 % des femmes sont encore victimes de mutilations génitales féminines ;
  • Plus de 73 000 femmes vivent avec une fistule obstétricale.

Ces chiffres témoignent de l’importance cruciale de renforcer le dialogue communautaire, la prévention et l’autonomisation des familles pour protéger les droits des femmes et des filles.

Le modèle intégré « Familles Fortes-Communautés fortes » : un levier de changement

Depuis 2021, l’ARSIP, en partenariat avec les ministères sectoriels et les partenaires au développement, a mis en œuvre le modèle « Familles Fortes-Communautés fortes » dans 25 régions du pays. Ce modèle repose sur trois piliers :

  1. Communication parents-enfants sur l’éducation à la santé et à la vie sociale (ESVS) pour prévenir les comportements à risque ;
  2. Communication de couple pour promouvoir l’égalité et la non-violence au sein de la famille ;
  3. Renforcement économique via les Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit (AVEC) pour l’autonomisation des ménages.

À ce jour, plus de 1 800 leaders religieux et coutumiers ont été formés et ont sensibilisé plus de 21 000 parents et jeunes, contribuant à la réduction des violences conjugales et à l’amélioration de la participation des femmes aux décisions familiales.

Une mobilisation nationale des leaders religieux et communautaires

La rencontre nationale du 26 novembre 2025, organisée à Abidjan, a rassemblé les leaders religieux, coutumiers et communautaires, ainsi que les collectivités locales et territoriales, autour de la thématique :

« Renforcer le rôle des acteurs religieux dans le plaidoyer pour les droits des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre en Côte d’Ivoire ».

L’objectif principal de cette rencontre était de renforcer la synergie d’action entre tous les acteurs pour accélérer l’élimination des violences basées sur le genre, en particulier les violences numériques, et promouvoir l’accès aux services de santé et d’éducation.

À l’issue de cette rencontre :

  • Les participants ont approfondi leur compréhension des VBG et de la justice de genre ;
  • Des sessions de dialogue communautaire ont été animées pour aborder les pratiques culturelles et religieuses renforçant les inégalités de genre ;
  • Un réseau coordonné de défenseurs des droits des femmes a été constitué pour mener des actions au niveau communautaire ;
  • Une déclaration d’engagement et une feuille de route ont été adoptées pour la mise en œuvre durable du modèle intégré « Familles Fortes-Communautés fortes ».

Une initiative porteuse d’espoir et de changement

Cette mobilisation témoigne de l’engagement concret des leaders religieux et communautaires en faveur de la protection des femmes et des filles, de la promotion de l’égalité de genre et de la cohésion sociale. En plaçant les familles au cœur de l’action et en intégrant l’approche communautaire, la Côte d’Ivoire avance résolument vers un avenir où zéro violence contre les femmes et les filles n’est plus une utopie, mais un objectif tangible.

@sce com

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