Face à la montée inquiétante des violences basées sur le genre (VBG) en Côte d’Ivoire, notamment dans les zones frontalières du Nord-Est comme le Bounkani et le Tchologo, une réponse communautaire innovante est en cours de déploiement. Dans le village de Kaltoudouo, sous-préfecture de Bouna, un comité d’alerte communautaire a été mis en place pour prévenir, détecter et référencer les cas de VBG.
Pourquoi cette initiative ?
Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2021), 33 % des femmes ivoiriennes âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques, 12 % ont été victimes de violences sexuelles, et 63 % n’ont jamais demandé d’aide. Ces chiffres alarmants traduisent la persistance du silence, de la peur et des normes sociales inégalitaires dans plusieurs régions du pays.
La situation est d’autant plus préoccupante dans le Bounkani, où l’arrivée massive de demandeurs d’asile venant des pays voisins accentue la pression sur les ressources locales et complique l’accès à la protection pour les survivantes.
Une réponse communautaire portée par l’ARSIP et l’UNFPA
Dans ce contexte, l’Alliance des Religieux pour la Santé Intégrale et la Promotion de la Personne Humaine (ARSIP), avec le soutien du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), met en œuvre un programme ambitieux de création de 24 comités d’alerte communautaires dans les régions à haut risque.
À Kaltoudouo, le comité a été formé à travers une démarche participative intégrant :
- Les autorités administratives et traditionnelles,
- Les leaders religieux et communautaires,
- Les associations de femmes et de jeunes,
- Les centres sociaux de proximité.
Objectifs de l’initiative
- Créer un mécanisme local d’alerte précoce contre les violences.
- Sensibiliser la population aux dangers des VBG et aux moyens de recours.
- Référencer rapidement les survivant·es vers des structures de prise en charge..
Une méthode inclusive et progressive
L’approche repose sur :
- L’identification des localités à risque,
- Le plaidoyer auprès des autorités locales,
- La mobilisation des communautés,
- Des formations ciblées et la remise de kits de fonctionnement aux comités.
L’installation du comité à Kaltoudouo marque une étape clé dans cette mobilisation nationale. C’est un signal fort envoyé aux survivant·es : vous n’êtes pas seul·es. Ensemble, les communautés peuvent devenir les premiers remparts contre les violences, en plaçant la vigilance, la solidarité et l’action locale au cœur de la lutte.





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