Abidjan, le 03 juin 2025 – Dans le prolongement de la rencontre sous-régionale de partage d’expériences sur la prévention et la prise en charge des fistules obstétricales, un mini-atelier de bilan s’est tenu à Abidjan pour faire le point sur la campagne nationale « Pour une Côte d’Ivoire sans Fistule Obstétricale ».
Un enjeu de santé publique et de dignité humaine
La fistule obstétricale demeure une tragédie humaine évitable qui touche encore plus de deux millions de femmes à travers le monde, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie. En Côte d’Ivoire, environ 74 000 femmes vivent avec cette pathologie, souvent dans l’ombre, souffrant non seulement de complications médicales mais aussi d’exclusion sociale et de stigmatisation.
Face à cette urgence, l’État ivoirien, l’UNFPA et l’Agence Coréenne de Coopération Internationale (KOICA) ont noué un partenariat stratégique. Depuis 2012, cet engagement a permis de traiter plus de 4 400 femmes, de renforcer les capacités sanitaires, et de favoriser la réinsertion socioéconomique de nombreuses survivantes.
Une dynamique régionale et nationale
Du 12 au 24 mai 2025, la deuxième édition de la Conférence Sud-Sud a permis à 169 femmes d’être opérées par une quarantaine d’experts venus de 11 pays. Ce cadre de coopération a aussi offert une plateforme de partage d’expériences, de mobilisation politique et de plaidoyer en faveur du financement durable de l’élimination de la fistule obstétricale.
Dans cette dynamique, le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, en collaboration avec le Ministère de la Santé et avec l’appui technique et financier de l’UNFPA, a organisé ce mini-atelier bilan, réunissant une cinquantaine de parties prenantes nationales et internationales.
Objectifs et résultats attendus
Ce mini-atelier vise à :
- Faire le bilan global de la campagne de sensibilisation, de traitement et de mobilisation des ressources ;
- Élaborer une feuille de route claire pour la période juin- Mai 2026 ;
- Valider un plan d’utilisation des ressources déjà mobilisées et celles en cours de mobilisation.
Parmi les résultats attendus figurent :
- Un bilan détaillé des différentes composantes de la campagne ;
- La planification des prochaines étapes avec une vision stratégique partagée ;
- L’engagement renforcé de tous les acteurs autour d’une coordination efficace.
Une mobilisation multisectorielle
L’atelier a réuni des représentants du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des ONG, des médias, ainsi que le Rotary International, acteur engagé dans le soutien aux femmes touchées par cette pathologie. L’UNFPA, à travers son bureau régional et national, a réaffirmé son soutien indéfectible à la Côte d’Ivoire pour atteindre l’objectif zéro fistule d’ici 2030, conformément à la stratégie régionale WCARO 2019-2030.
Poursuivre les efforts vers l’élimination
Alors que les avancées sont notables, les défis restent nombreux. Ce mini-atelier constitue un jalon essentiel pour consolider les acquis et impulser une nouvelle dynamique. La vision partagée est claire : aucune femme ne doit encore souffrir de fistule en silence. L’engagement collectif, la volonté politique et la mobilisation de ressources adéquates demeurent les clés pour bâtir une Côte d’Ivoire sans fistule obstétricale.





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