Un engagement renouvelé pour une Côte d’Ivoire sans violences basées sur le genre
La Côte d’Ivoire demeure l’un des pays où les inégalités entre les hommes et les femmes restent fortement marquées. Avec un indice d’inégalité de genre de 0,613 (PNUD, 2021), le pays se classe au bas de l’echelle, révélant la persistance de normes sociales stéréotypées qui maintiennent les femmes et les filles dans une situation de vulnérabilité et de dépendance. Ces inégalités les exposent à diverses formes de violences, notamment physiques, sexuelles et psychologiques.
Selon le système national de collecte des données sur les violences basées sur le genre (GBVIMS), 9 607 cas de VBG ont été rapportés et pris en charge en 2024, dont 1 232 cas de violences sexuelles. De plus, l’Enquête Démographique et de Santé (EDS 2021) révèle que 26 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans, et 53 % d’entre elles les ont subies de la part de leur mari ou partenaire intime.
La même enquête indique que 46,8 % des femmes ont fait l’objet de comportements de contrôle ou d’actes de violence conjugale, tandis qu’environ une fille sur quatre (25 %) âgée de 15 à 19 ans a déjà été enceinte, un taux particulièrement élevé en milieu rural (36 % contre 17 % en milieu urbain).
Un cadre national renforcé pour la prévention et la réponse aux VBG
Face à cette situation préoccupante, le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE) a adopté depuis 2014 la Stratégie Nationale de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (SNLVBG), qui a permis la mise en place de 95 plateformes régionales et départementales de lutte contre les VBG.
Grâce à l’appui du Programme National de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (PNLVBG), ces structures ont contribué au renforcement des capacités de 2 927 acteurs issus des secteurs de la sécurité, de la santé, du social et des communautés locales, ainsi que de 1 882 leaders communautaires et guides religieux engagés dans la sensibilisation et la prévention.
Dans la même dynamique, le MFFE, à travers le PNLVBG, poursuit ses actions de renforcement du leadership communautaire, en mettant en place un réseau local de leaders et de guides religieux chargés de porter le message de la lutte contre les VBG au plus près des populations.
Une mission de suivi pour évaluer et renforcer les plateformes locales
C’est dans cette perspective que le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, à travers le PNLVBG, avec l’appui technique et financier de l’UNFPA, a initié une mission de suivi et de supervision des plateformes de lutte contre les VBG dans les localités de Agboville, Agnibilékrou, Yakassé Attobrou et Adzopé, du 15 au 18 septembre 2025.
L’objectif global de cette mission est d’apprécier le fonctionnement effectif des plateformes locales, en identifiant leurs forces, faiblesses, besoins et défis.
Plus spécifiquement, il s’agit de :
- Évaluer la tenue des réunions et la mise en œuvre des activités de prévention et de prise en charge ;
- Apprécier les mécanismes de rapportage et de transmission de données ;
- Faire l’état des lieux des équipements disponibles ;
- Identifier les difficultés rencontrées ;
- Formuler des recommandations pour améliorer le fonctionnement des plateformes.
Une approche participative et multisectorielle
La mission, composée de trois représentants du PNLVBG et de la DPED, accompagnés de deux experts de l’UNFPA (suivi-évaluation et genre-VBG), repose sur une approche participative impliquant tous les acteurs du dispositif local.
Les activités menées incluent :
- Des rencontres avec les Directions Régionales du MFFE ;
- Des visites de courtoisie aux autorités administratives et préfectorales ;
- Des séances de travail avec les secrétariats techniques des plateformes ;
- Des échanges directs avec les acteurs communautaires impliqués dans la réponse aux VBG ;
- Un débriefing final pour partager les constats et recommandations.
Un pas de plus vers des communautés protectrices et solidaires
À travers cette mission, le MFFE et le PNLVBG réaffirment leur volonté de renforcer les mécanismes communautaires de prévention, de protection et de prise en charge des victimes de VBG.
Cette démarche s’inscrit dans la vision d’une Côte d’Ivoire où chaque femme et chaque fille vit à l’abri de la violence, soutenue par des communautés vigilantes et des institutions mobilisées.
@Sce Com pnlvbg












Soyez le premier à commenter