Le 3 juin 2025, le village de Kationgokoro, situé dans la sous-préfecture de Nielé (région du Tchologo), a franchi une étape cruciale dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) avec la mise en place de son comité communautaire d’alerte précoce.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme porté par le Plan National de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (PNLVBG), en partenariat avec l’Alliance des Religieux pour la Santé Intégrale et la Promotion de la Personne Humaine (ARSIP), avec l’appui technique et financier du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).
Les violences basées sur le genre constituent un véritable fléau en Côte d’Ivoire. Les dernières données issues des enquêtes nationales révèlent qu’une femme sur trois subit des violences physiques, et que 63 % des victimes n’en parlent jamais.
Dans le Tchologo, les jeunes filles âgées de 10 à 24 ans sont les premières victimes, dans un environnement marqué par des défis socioéconomiques, l’éloignement géographique des services sociaux, et la pression liée à l’instabilité régionale.
Face à cette réalité, le comité installé à Kationgokoro jouera un rôle essentiel :
- Sensibiliser la population sur les VBG et les droits des survivantes ;
- Repérer précocement les cas de violence ;
- Orienter les victimes vers les structures de prise en charge ;
- Renforcer la cohésion sociale et la mobilisation collective contre les violences.
La cérémonie d’installation a été marquée par la participation active des autorités locales, des chefs traditionnels, des leaders religieux, des femmes influentes, des jeunes et des représentants des structures sociales locales. Ce comité est l’un des 24 comités communautaires prévus dans les régions du Tchologo et du Bounkani, zones identifiées comme prioritaires pour l’action. Cette approche repose sur l’engagement direct des communautés, en coordination avec les directions régionales du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, les centres sociaux, et les plateformes locales VBG.
En mettant en place ces comités d’alerte, le PNLVBG et ses partenaires visent à briser le mur du silence qui entoure trop souvent les VBG, à renforcer les capacités locales de prévention, et à garantir un accès plus rapide et plus sûr aux services pour les survivantes. « Lutter contre les VBG, c’est protéger la dignité humaine. C’est une affaire de toutes et de tous. »





Soyez le premier à commenter