Kalamon, préfecture de Doropo, juin 2025 – Face à la montée inquiétante des violences basées sur le genre (VBG) dans la région du Bounkani, la localité de Kalamon renforce ses mécanismes communautaires de protection. Avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Plan National de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (PNLVBG), en partenariat avec l’ARSIP, a procédé à la mise en place d’un comité d’alerte communautaire dans le village.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique nationale visant à rapprocher les services de protection des populations les plus vulnérables, notamment dans les zones frontalières comme Kalamon, confrontées à des défis sécuritaires et sociaux croissants.
Une réponse adaptée aux réalités de Kalamon
À Kalamon, comme dans de nombreuses localités rurales du Bounkani, les cas de viol, de mariage forcé, d’agressions physiques et de violences psychologiques sont souvent tus, faute de structures d’écoute et de prise en charge accessibles. Le silence, la peur des représailles et les normes sociales limitent considérablement la dénonciation des violences subies, en particulier par les jeunes filles.
Le comité d’alerte communautaire mis en place dans ce contexte a pour objectifs de :
- Prévenir les violences par des actions de sensibilisation et de veille active,
- Détecter précocement les cas de VBG au sein de la communauté,
- Référencer les survivantes vers les structures sociales, sanitaires ou judiciaires compétentes.
Une démarche inclusive et participative
La création de ce comité a été précédée par des réunions d’information et de plaidoyer auprès des autorités administratives et traditionnelles de Kalamon. Des sessions de sensibilisation de masse ont également permis d’informer la population sur les enjeux des VBG, les conséquences sur la santé et la cohésion sociale, ainsi que sur l’importance de briser le silence.
Le comité est composé de leaders communautaires, religieux, de femmes et de jeunes, soigneusement identifiés par les structures sociales et les autorités locales. Il bénéficie d’un kit de fonctionnement remis par la mission conjointe ARSIP-PNLVBG, et d’un acte administratif signé par le sous-préfet de Doropo officialisant son existence.
Vers une mobilisation durable à Kalamon
Cette initiative marque une étape majeure dans la lutte contre les VBG à Kalamon, avec une approche ancrée dans les réalités du terrain. Grâce à ce comité, la communauté dispose désormais d’un mécanisme local, accessible et fiable pour protéger les survivantes, signaler les cas et contribuer à une culture du respect des droits humains.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique régionale plus large, visant la mise en place de 24 comités d’alerte dans les régions du Bounkani et du Tchologo, et s’appuie sur l’engagement coordonné du PNLVBG, de l’ARSIP, des centres sociaux, et des directions régionales du Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant.

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